L’accouchement a duré 7 ans. Sept ans entre le vote de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) et son décret d’application. Celui-ci a été pondu en toute discrétion, sans autre publicité que sa publication obligée au Journal Officiel, le 1er mars.
Son nom est rébarbatif: « Décret no 2011-219 du 25 février 2011 relatif à la conservation et à la communication des données permettant d’identifier toute personne ayant contribué à la création d’un contenu mis en ligne » mais il mérite qu’on se penche sur le berceau et qu’on s’y intéresse de près. Ses parents (signataires du décret) sont cinq: le 1er ministre et ceux de la justice, de l’intérieur, de l’économie et du budget (le texte ici).
Dorénavant, les fournisseurs d’accès (comme Orange, Free, SFR, Bouygues Télécom, Numéricable…) devront conserver pendant 1 an minimum les données personnelles de leurs clients comme les noms, prénoms, pseudonymes, adresses email, mots de passe, numéros de téléphones, informations bancaires pour chaque opération, données techniques sur le mode de connexion, date et heure… Bref, c’est la fin de l’anonymat sur Internet !
Les fournisseurs d’accès ne sont pas les seuls, tenus à cette nouvelle obligation. Sont concernés également, les hébergeurs de contenu (sites internet, blogs, forums de discussion, plateformes de services et bien sûr les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter…)
Officiellement, ces informations très sensibles, nos données personnelles, pourront être utilisées pour mieux lutter contre le terrorisme. Un terrorisme qui, mis à toute les sauces, a bon dos ! Les dérives engendrées par le « Patriot Act » aux Etats Unis ne rassureront pas les défenseurs des libertés fondamentales. L’Histoire récente montre que certains services se passent parfois des autorisations judiciaires nécessaires. Personnellement, je n’ai rien à cacher, je signe mes éditos, mais savoir que toutes mes données personnelles et bancaires peuvent être recueillies et stockées, ne me rassure pas. Car qui dit stockage dit également vulnérabilité et possibilité pour des pirates de mettre la main sur un nombre considérable d’informations facilitant les usurpations d’identité et escroqueries en tous genres.
Le dernier point, c’est que ces mesures vont avoir un coût, à la charge, non pas des services de l’Etat, mais des opérateurs, fournisseurs et hébergeurs. Des coûts qui ne se répercuteront donc pas sur le contribuable mais sur les clients. Dans tous les cas sur…nous !














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